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Die dummheit der leute, ist wie das unkraut, es wächst immer nach...
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Une justice exemplaire
On a même plus le droit d'être un jeune con.
Rien ne sert d'avoir un casier vierge, de bosser ou plaider coupable. On prend de la prison ferme.
Ce que vous avez fait s'appelle du vandalisme et non de la démonstration d'opinion politique, martèle le président de la 23 e chambre du tribunal à un jeune homme qui s'était rendu à la Bastille manifester à la suite de l'election de Nicolas Sarkozy. Le président, qui ce jour-là s'apprête à juger des prévenus interpellés les 7 et 8 mai au soir, à la Bastille, va s'employer à démontrerr son interprétation des faits. Le greffier avait prévenu: le président paraît aimable, mais faut pas s'y fier, d'autant que, pour ce dossier sensible, le parquet a reçu des instructions...
S'avance un jeune homme frêle, au visage barré par une plaie encore ouverte. "Quand j'ai appris le verdict des élections, j'ai su que ça allait eclater en moi. Alors j'ai été à la Bastille", dit-il, essayant des mimiques de caïd qui, a chaque fois, virent au tic nerveux. Il revendique crânement ses actes: scooter incendié, motos dégradées et une vitrine brisée. Mais quand l'avocat invoque son enfance sans famille, ses traîtements psychiatriques, et suggère que son père, pour la première fois, se déclarerait prêt à s'occuper de lui, le caïd pleure. Le président suspend le jugement dans l'attente d'une expertise psychiatrique et l'envoie entre-temps se faire soigner en détention provisoire.
Comparaît ensuite un ouvrier qui, ce jour-là, au sortir de son chantier, se rend à la Bastille. Il a encore sur lui son casque, son tournevis et son marteau. Là, le président jubile: la vitrine brisée, c'est lui. L'assistance apprend alors, stupéfaite, que la vitrine n'a pas été cassée par le caïd. En la heurtant, ce dernier ne l'avait que fragilisée, de sorte qu'elle s'est enfin effondrée au passage de l'ouvrier! "sauf que, nous souffle sa compagne, il a été embarqué à 21 heures. Or, à 21 heures, aucune vitrine n'était encore brisée." Sur le conseil de son avocate, l'ouvrier plaide coupable et se déclare prêt à réparer les dommages. "Dans une comparution immédiate, il y a pas le temps d'une instruction. On ne peut produire ni preuves, ni témoins", dit l'avocate, qui, tout de même, profite de ce que le procureur déclare sur un ton sentencieux qu'un "jeune homme bien sous tous rapports comme cet ouvrier n'a aucune excuse" pour produire des dossiers qu'elle n'avait pu fournir avant: ils attestent d'une enfance difficile et d'une fragilité aggravée par un "sentiment d'injustice chez l'accusé, qui dans le temps a déjà subi des coups et blessures de la police. Aujourd'hui, il semble avoir trouvé un équilibre auprès de sa compagne et dans son nouveau travail. S'il demande pardon avec un hématome entree les deux yeux et un traumatisme lombaire....peut-être serait-il judicieux de lui epargner la prison, d'ou il sortirait plus abîmé encore qu'après trois jours de garde à vue...", suggère l'avocate. Verdict du président: huit mois, dont quatre mois ferme.
Un jeune homme noir comparaît après. Il est accusé de dégradations et de violences à agent représentant l'autorité publique. Ses amies racontent: "le problème est que les policiers étaient en civil. Quand on s'est retournées et qu'on a trouvé notre ami à terre, roué de coups, on a cru a une agression raciste. On s'est interposées. Lui ne s'est pas défendu. Mais comme on est filles et blanches on ne nous a pas embarquées. Les vitres cassées ce n'est pas nous. Mais on remboursera." Le jeune homme qui a déjà un casier judiciaire et a plaidé coupable, est envoyé en préventive en attendant son jugement. "La suspension du jugement est le mieux qu'on puisse obtenir dans ce traquenard que sont les comparutions immédiates. Ca laisse un peu de temps. Mais ici, il importait d'eviter la préventive. Mon client était en voie de reinsertion. Il avait un entretien le lendemain pour un travail, conclut l'avocate qui ajoute: les policiers ont du flair, ils n'ont interpellés que des jeunes déjà fragilisés. C'est sans doute ainsi que Sarkozy entend venir en aide aux "blessés de la vie."
Rien ne sert d'avoir un casier vierge, de bosser ou plaider coupable. On prend de la prison ferme.
Ce que vous avez fait s'appelle du vandalisme et non de la démonstration d'opinion politique, martèle le président de la 23 e chambre du tribunal à un jeune homme qui s'était rendu à la Bastille manifester à la suite de l'election de Nicolas Sarkozy. Le président, qui ce jour-là s'apprête à juger des prévenus interpellés les 7 et 8 mai au soir, à la Bastille, va s'employer à démontrerr son interprétation des faits. Le greffier avait prévenu: le président paraît aimable, mais faut pas s'y fier, d'autant que, pour ce dossier sensible, le parquet a reçu des instructions...
S'avance un jeune homme frêle, au visage barré par une plaie encore ouverte. "Quand j'ai appris le verdict des élections, j'ai su que ça allait eclater en moi. Alors j'ai été à la Bastille", dit-il, essayant des mimiques de caïd qui, a chaque fois, virent au tic nerveux. Il revendique crânement ses actes: scooter incendié, motos dégradées et une vitrine brisée. Mais quand l'avocat invoque son enfance sans famille, ses traîtements psychiatriques, et suggère que son père, pour la première fois, se déclarerait prêt à s'occuper de lui, le caïd pleure. Le président suspend le jugement dans l'attente d'une expertise psychiatrique et l'envoie entre-temps se faire soigner en détention provisoire.
Comparaît ensuite un ouvrier qui, ce jour-là, au sortir de son chantier, se rend à la Bastille. Il a encore sur lui son casque, son tournevis et son marteau. Là, le président jubile: la vitrine brisée, c'est lui. L'assistance apprend alors, stupéfaite, que la vitrine n'a pas été cassée par le caïd. En la heurtant, ce dernier ne l'avait que fragilisée, de sorte qu'elle s'est enfin effondrée au passage de l'ouvrier! "sauf que, nous souffle sa compagne, il a été embarqué à 21 heures. Or, à 21 heures, aucune vitrine n'était encore brisée." Sur le conseil de son avocate, l'ouvrier plaide coupable et se déclare prêt à réparer les dommages. "Dans une comparution immédiate, il y a pas le temps d'une instruction. On ne peut produire ni preuves, ni témoins", dit l'avocate, qui, tout de même, profite de ce que le procureur déclare sur un ton sentencieux qu'un "jeune homme bien sous tous rapports comme cet ouvrier n'a aucune excuse" pour produire des dossiers qu'elle n'avait pu fournir avant: ils attestent d'une enfance difficile et d'une fragilité aggravée par un "sentiment d'injustice chez l'accusé, qui dans le temps a déjà subi des coups et blessures de la police. Aujourd'hui, il semble avoir trouvé un équilibre auprès de sa compagne et dans son nouveau travail. S'il demande pardon avec un hématome entree les deux yeux et un traumatisme lombaire....peut-être serait-il judicieux de lui epargner la prison, d'ou il sortirait plus abîmé encore qu'après trois jours de garde à vue...", suggère l'avocate. Verdict du président: huit mois, dont quatre mois ferme.
Un jeune homme noir comparaît après. Il est accusé de dégradations et de violences à agent représentant l'autorité publique. Ses amies racontent: "le problème est que les policiers étaient en civil. Quand on s'est retournées et qu'on a trouvé notre ami à terre, roué de coups, on a cru a une agression raciste. On s'est interposées. Lui ne s'est pas défendu. Mais comme on est filles et blanches on ne nous a pas embarquées. Les vitres cassées ce n'est pas nous. Mais on remboursera." Le jeune homme qui a déjà un casier judiciaire et a plaidé coupable, est envoyé en préventive en attendant son jugement. "La suspension du jugement est le mieux qu'on puisse obtenir dans ce traquenard que sont les comparutions immédiates. Ca laisse un peu de temps. Mais ici, il importait d'eviter la préventive. Mon client était en voie de reinsertion. Il avait un entretien le lendemain pour un travail, conclut l'avocate qui ajoute: les policiers ont du flair, ils n'ont interpellés que des jeunes déjà fragilisés. C'est sans doute ainsi que Sarkozy entend venir en aide aux "blessés de la vie."
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